Chroniques d'un CEO

RSS
Apr 1

Qu’est ce qu’un bon produit ?

Nous avons vu dans mon précédent article que l’un des principaux défis de l’entrepreneur était d’arriver à créer un produit qui réponde à un besoin. L’idée caractérisant le constat d’un besoin, le produit reste et demeure la finalité sans laquelle il ne peut rien se passer.

Alors, qu’est ce qu’un bon produit ?

Un bon produit répond à un besoin de façon simple et fonctionnelle. Quelque soit le Business model utilisé, s’il faut avoir un doctorat pour utiliser le produit, personne ne l’utilisera, même s’il est destiné à un public de docteurs.

Un bon produit créé une traction “naturellement”. Il permet l’acquisition de nouveaux utilisateurs par simple bouche à oreille grâce à la satisfaction de ses premiers utilisateurs.

Un bon produit créé une émotion : la satisfaction d’avoir un besoin comblé. Pour un utilisateur, il est facile de se perdre dans la jungle de la concurrence ou des produits innovants. Trouver le bon peut être fastidieux, alors imaginez si le besoin de cet utilisateur n’est qu’à moitié comblé.

Un bon produit fait ce qu’on lui demande et pas plus. Il est déjà assez difficile de créer un bon produit, alors pourquoi s’évertuer à créer, voire développer et maintenir des fonctionnalités qui ne sont pas utilisées ?

Pour finir, un bon produit implique de nombreux essais, de nombreux échecs, de nombreuses erreurs, mais du temps, de la patience, un apprentissage perpétuel et une remise en question constante permettent de l’améliorer. Même si aucun produit n’est parfait, apprendre au quotidien de ses utilisateurs permet de se positionner sur la bonne voie.

D’autres idées ?

Les véritables défis de l’entrepreneur

Quand on parle des défis que doivent relever les entrepreneurs, on pense tout de suite à des notions telles que la RSE, l’éthique, on parle de responsabilité, de solidarité, d’environnement. Mais est-ce vraiment le type de défis que doit relever chaque entrepreneur dans les tous premiers mois d’existence de sa société ?

Abandonner la notion même de l’idée, se concentrer sur un besoin et créer un produit

Nos amis VC ont coutume de dire que l’idée vaut 1, le BP 10 et l’exécution 100. Grossissons volontairement le trait et donnons plutôt la répartition suivante : Idée = 0, BP = 0, Exécution = 10, Barrière à l’entrée = 100. Sans vouloir décourager nos amis wannabee entrepreneurs, ce n’est pas l’idée qui créé la véritable aventure. Tout (les passions, les liens entre collaborateurs, la vision) se créé pendant la conception du produit.

Et j’ai même envie de pousser un peu plus loin : c’est une fois la toute première version du produit finie que l’aventure commence. C’est à ce moment qu’on découvre les premiers moments de vérité crue qui nous permettent de gravir marche après marche ou nous font tomber de l’escalier.

Le véritable défi, ici, est d’arriver à imaginer un produit “KISS” en apportant quelque chose de nouveau, qui transcende l’ancien. Quelque chose dont notre cible aura besoin, ce qui nous amène au second point.

Faire comprendre à une cible qu’elle a un besoin et qu’on peut y répondre

Plus simple à dire qu’à faire car à vrai dire, tout le monde s’en fout.



Deux cas de figure :

  • votre cible ne vous a pas attendu : elle utilise déjà une solution substitut par défaut
  • votre cible n’est pas en mesure de mesurer l’importance de votre proposition de valeur car elle n’en ressent pas encore le besoin

Dans les deux cas, une ligne de conduite générale peut nous aider : le lean content, le fait de mettre en avant les problèmes auxquels nous répondons et non les solutions (lors de pitchs par exemple). A ce stade, il vous faut créer le besoin, amener votre cible à se demander comment elle y répond actuellement.

Scaler

En admettant que vous arriviez à créer ce besoin, toujours dans ce sens “amener votre cible à prendre conscience du problème et à prendre connaissance de votre solution”, il arrive un moment où il faut passer à l’échelle. Vous avez ce début de traction et là, on vous attend au tournant. Ce n’est pas le moment d’avoir des serveurs qui lâchent pour surmenage, des équipes qui vont dans le mur par manque de compétences / de repos, ou de manquer de cash vous mettant dans une situation très inconfortable.

Mais ça, nous y reviendrons plus tard…

Mar 8

Apéros Entrepreneurs, le come back

Comme vous le savez sans doute, je ne suis pas à temps plein sur Paris. Cela faisait donc plus d’un an que je n’avais pas mis les pieds aux Apéros Entrepreneurs, jusqu’à hier soir.

C’est assez marrant à dire, mais j’avais l’impression d’être un ancien, comme si une nouvelle génération d’entrepreneurs pour beaucoup jeunes diplômés venait d’arriver. Je me revoyais, il y a bientôt 2 ans, pitcher toute personne se trouvant dans un rayon d’un mètre de moi. Je me revoyais écouter les anciens de l’époque me donner leur 2 cents bien souvent d’une très grande qualité. Et moi, hier soir, de donner les miens.

Petite réflexion suite à ces quelques échanges : je pense qu’on peut très vite arriver à voir qui a beaucoup de chances de se planter et qui est sur la bonne voie. Il suffit de voir comment l’entrepreneur écoute les conseils donnés autour d’une bière.

Le “sur de lui, tu n’as rien à lui apporter”

“Et toi, qu’est ce que tu fais ?”. Petit feedback d’un ancien : à cette question, on répond par quelque chose de simple et compréhensible. J’ai du retenir 1 ou 2 pitchs de ceux entendus hier soir. Lesquels ? Ceux qui ont marqué mon esprit. Ils étaient tellement simples que j’en ai gardé une image et j’ai pu repitcher les projets à des amis aujourd’hui.

Ensuite, lorsqu’on pose des questions, c’est simplement parce que nous n’avons pas compris quelque chose, avons un doute, savons qu’il y a des pièges. Une réponse humble type “Je pense partir dans telle direction et sur telle autre si les choses se passent mal” est la bienvenue. Ne SURTOUT pas prendre de haut “l’ancien” qui lui aussi a encore beaucoup de choses à apprendre, mais qui peut aisément partager sa petite expérience.

L’équipe qui écoute et prend des notes

Déjà, on a l’équipe, et non un entrepreneur solo. C’est plus facile et plus sympa. Cette équipe rencontre des problématiques, c’est normal. Et lorsqu’elle vous en parle, elle écoute avec attention votre avis. Il vaut ce qu’il vaut, mais c’est toujours ça de pris. S’en suit une longue discussion, un échange de cartes, et la prévision d’un café quelques temps après afin d’échanger et de voir l’avancement du projet. Génial.

Bref, tout ça pour dire que c’était encore une fois un moment très sympa. Un moment d’échange, de partages, de rencontres, quelques bières, en voila une bonne recette !

Vous avez dit Effectuation ?

Il existe bon nombre de livres à destination des entrepreneurs et de façon plus générale des décideurs. Beaucoup traitent de méthodes qui sont présentées comme des recettes miracles, d’autres plus théoriques ou académiques, prennent l’entrepreneur comme sujet d’étude et peuvent nous aider à mieux comprendre l’environnement qui nous entoure.

Je regrette vivement que l’entrepreneuriat ne soit pas plus présent dans la littérature économique, que cette phase d’amorçage n’attire pas plus d’intellectuels. Pour reprendre un extrait de l’ebook de Philippe Silberzahn :

“D’où viennent les marchés ? Plus spécifiquement, quel est le mécanisme qui transforme l’information nouvelle (invention, découverte, imagination, etc.) en un bien économique ? C’est une question fondamentale et pourtant très peu abordée par les économistes. Pour reprendre l’expression de l’économiste Kenneth Arrow, “Bien que nous ne soyons pas particulièrement explicites à ce sujet, nous postulons réellement que lorsqu’un marché peut-être créé, il le sera.”.”

L’objet de cet article est d’ailleurs à propos de cet ebook. L’auteur, Philippe Silberzahn que vous pourrez retrouver sur son blog (que je qualifierai de “Must Read”) nous présente l’effectuation en 5 points essentiels. 

Qu’est-ce que l’effectuation ? En une phrase, l’entrepreneuriat tel qu’il se fait. L’effectuation est née d’une étude menée par Saras Sarasvathy qui a proposé à des entrepreneurs à la réussite incontestable de tenter de résoudre des problématiques que tout entrepreneur rencontrera et de réfléchir à haute voix.

Mis à part les 5 principes que nous verrons dans quelques lignes, il ressort un point non négligeable : l’entrepreneur n’est pas dans un mode de réflexion causal mais effectual. Pour faire simple, il ne va pas sélectionner des ressources spécifiques en vue d’atteindre un objectif précis, mais se demandera ce qu’il peut faire des ressources dont il dispose. Les ressources ne sont plus fonction d’une stratégie établie en vue d’atteindre un objectif, elles sont le point de départ de toute aventure.

“Je dispose de 1000 € et 3 mois de chômage, que vais-je bien pouvoir faire ?”

Revenons sur les 5 principes de la logique effectuale :

  • Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Le meilleur exemple qui soit est celui de toute personne s’apprêtant à cuisiner un plat. 

Logique causale : “J’ai envie de faire un rôtie, je pars acheter la viande”.

Logique effectuale : “Il me reste des oeufs, des champignons, c’est parti pour une omelette”.

Et qui sait, peut-être que votre voisin alléché par l’odeur vous proposera de l’accompagner d’une salade fraîchement sortie de son potager sous peu qu’il puisse se joindre à vous (ça c’est de la traction ;-))

  • Raisonner en pertes acceptables

Tout financier qui se respecte évaluera la viabilité d’un projet par la somme des flux actualisés de trésorerie que le projet pourra dégager. Pour faire simple, j’investis 100K, le projet n’est pas jugé viable s’il ne dégage pas plus de 500K en année 3.

Contrairement au financier qui pense en terme de gain, l’entrepreneur pense en terme de coûts. En effet, autant les bénéfices tirés d’un projet peuvent être difficiles à évaluer, autant les coûts que représentent le projet peuvent facilement être estimés (tout du moins à court - moyen terme).

  • Le Patchwork fou

J’aime beaucoup l’image du puzzle telle que présentée par Philippe Silberzahn. L’entrepreneur, homme de solution s’attaque à des problèmes étape par étape, pièce par pièce, comme lorsque nous faisons un puzzle.

A vrai dire, l’entrepreneur et les parties prenantes (traction quand tu nous tiens) travailleront ensemble à la création de quelque chose qui n’a pas de forme prédestinée (comme le puzzle). La forme finale du projet sera donc fonction des apports des différentes parties prenantes et non de la vision “unique” que l’entrepreneur aura pensé.

  • Limonade ?

“Si on vous donne des citrons, vendez de la limonade !”. Autant notre logique causale nous pousse à mettre au point des stratégies qui nous éviteront de mauvaises surprises, autant la logique effectuale nous poussera à embrasser ces évènements inattendus qui nous ouvriront peut-être des protes. Comment tirer parti d’évènements inattendus ?

  • Un pilote dans l’avion

Enfin, l’effectuation nous pousse à passer d’une logique prédictive à une logique de contrôle. Le locus de contrôle, ça vous dit quelque chose ? La principale question ici est la suivante : “Pourquoi essayer de prédire l’avenir quand on peut le construire ?”.

En définitives, à la lecture de cet ebook, je comprends mieux le succès de certaines méthodes comme le lean startup. Même si je sais que le temps d’un entrepreneur est compté, je conseille vivement sa lecture !

Jan 4

2013, c’est dans le tube

[Petit message de bonne humeur]

Les deux derniers mois de 2012 ont été pour nous, disons, quelque peu mouvementés. La mise en production de notre nouvelle version qui arrivait à grands pas, les prémisses d’un évènement dont je vous reparlerai bientôt, l’arrivée d’une nouvelle collaboratrice, bref, de longues journées.

Et voici 2013. Au passage, mes meilleurs vœux pour cette année, qui risque fortement d’être riche en émotions.

4 jours. Cela fait 4 jours que nous sommes en 2013. 4 journées finalement très courtes tant la liste de tâches à finaliser s’est rapidement raccourcie. Pour faire simple, 4 jours qui m’ont permis de boucler ce qui avait été entamé en décembre et que je n’avais pas eu le temps de terminer faute de trêve hivernale.

En 4 jours, c’est dans le tube. Qu’est ce que cela peut faire comme bien ! 4 petites journées qui vont nous permettre d’aller vite, très vite par la suite.

De très bonnes nouvelles à partager prochainement, je reviens vers vous très vite.

[/Petit message de bonne humeur]

Un sentiment de malaise

Je ne sais pas pour vous, mais à chaque fois que je lis quelque chose ayant de près ou de loin rapport aux Pigeons et aux actes de notre gouvernement, j’ai une grosse baisse de moral.

Un sentiment de malaise composé de doutes sur le devenir de notre pays, d’incompréhension liée au ridicule d’un gouvernement inconscient voire incompétent et de dégoût, résultat d’un bon nombre d’articles anti-pigeons qui tentent par tous les moyens de discréditer un mouvement que je ne peux que soutenir tout en passant très loin du véritable problème.

Vous qui vous vous reconnaissez dans ce mouvement anti-pigeons, il serait bien que vous compreniez quelques trucs simples :

  • On nous parle de justice alors que les mêmes qui votent ces lois font en sorte de ne pas toucher à certains de leurs privilèges : au 21e siècle il est toujours plus intéressant de se payer une bonne croûte que de participer au développement de notre économie.
  • Toujours dans le registre de la justice, en tant qu’entrepreneur et principal actionnaire, je ne vois pas pourquoi mes associés devraient ne pas être touchés fiscalement parlant de la même façon que moi.
  • Notre gouvernement se ridiculise en vantant l’innovation française aux quatre coins du monde alors qu’il est en passe de tout simplement l’anéantir.

A l’heure où notre gouvernement devrait

  • s’attacher à réduire les dépenses publiques,
  • créer un choc de compétitivité en simplifiant et allégeant les trop nombreuses taxes françaises,
  • chercher à vendre nos produits (pas nos usines et encore moins nos cerveaux, attention) à l’étranger,
  • proposer une vision, donner un cap,

On préfère

  • augmenter le nombre de fonctionnaires,
  • passer sous silence un rapport qui ne va pas dans le sens que l’on voudrait
  • ne pas écouter nos économistes et intellectuels, grands absents de nos débats,
  • demander aux français d’acheter français (c’est bête à dire, mais faire tourner notre économie en circuit fermé n’est pas la solution) quitte à ce que ces derniers perdent encore plus en pouvoir d’achat,
  • racler les fonds de tiroir en augmentant les taxes sur les cigarettes, l’alcool et j’en passe : c’est encore le contribuable qui trinque…
  • aider les industries qui sont sur le déclin ou qui refusent de s’adapter
  • proposer une loi rétroactive ? non mais sérieusement…

Alors, où est le véritable problème ? Nous sommes en train de nous tirer une balle dans le pied. Les entreprises qui innovent le plus ont bien souvent besoin de beaucoup de fonds. Sans ces fonds, impossible d’avancer, c’est aussi simple que ça. Ce projet de loi est, en terme de communication, très mauvais pour notre image. Il annonce simplement au monde entier que l’entrepreneuriat et la prise de risque ne sont pas les bienvenus ici.

Avec ce projet de loi, les Business Angels et autres investisseurs continueront d’investir. Mais pas sur notre sol. Concrètement cela se traduira par des futurs  Dailymotion, Meetic, Priceminister et autres de toute nationalité sauf française. Autrement dit, des emplois créés à l’étranger, des impôts payés à l’étranger, une contribution à l’économie étrangère, mais pas à la nôtre.

Que vous considériez que les pigeons sont des enfants pourris gâtés ou une tentative de manipulation de l’opposition, soit. Vous vous trompez lourdement, sachez le, mais admettons. Maintenant imaginez notre économie dans 5, 10, 15 ans. Demandez vous quel pays vous souhaitez léguer à vos enfants. Demandez vous dans quel monde vous souhaitez vivre. C’est aussi simple que cela.

Un an déjà…

Un an déjà. Déjà. Oui, c’est vrai que cela passe très vite. Il y a un an je sortais d’un été passé chez mes parents à développer la toute première version d’Avdice. C’était moche, cela ne fonctionnait qu’à moitié, mais nous avions l’essentiel et j’en étais très fier.

À regarder dans le rétroviseur, nous pourrions nous demander si nous pouvons en tirer quelques leçons.

Alors, qu’est-ce qu’il se passe en un an ? Autre question, et si c’était à refaire ?

Oui, définitivement oui, mais autrement.

Nous avons perdu énormément (trop ?) de temps à tester différentes pistes. J’entends déjà beaucoup de monde me dire :

“Non, ce n’est pas du temps de perdu, au moins tu sais ce qui ne fonctionne pas, ou mal”.

Oui, mais (car il y en a toujours un) tant qu’à faire, autant y avoir été de façon méthodique. Et par façon méthodique j’entends friser la rigueur scientifique, j’entends pouvoir sortir de ces expériences avec des chiffres, des données d’une certaine qualité, de façon à pouvoir les exploiter, en tirer une décision.

Leçon n°1 : Avance, mais avec méthode et rigueur.

Nous nous sommes entretenus avec énormément de monde. Des utilisateurs, des consultants, des leveurs de fonds, d’autres entrepreneurs, bref, beaucoup de beau monde.

À y repenser, c’est marrant, car nous pourrions les catégoriser en fonction de leur discours :

L’idée est bonne, mais si tu suis cette voie, tu vas droit dans le mur. Le mieux, c’est d’aller là.

Je m’intéresse de près à la question des places de marché et je trouve votre démarche intéressante, mais comment pensez vous pouvoir réussir là où personne n’a jusqu’à présent véritablement réussi ?

Les gars, j’aime beaucoup l’aspect rapidité et simplicité d’utilisation, mais ce serait pas mieux avec plus d’offres ?

Honnêtement les gars, vous auriez du garder le projet en side project voire faire autre chose, parce que vous vous attaquez à un gros morceau ! C’est pas simple de tenter de conquérir un marché mature, avec trop d’acteurs et des marges qui laissent à désirer. Franchement, je ne comprends pas votre démarche.

Je tiens encore à remercier toutes ces personnes pour leurs impressions, leurs suggestions et leurs conseils.

Leçon n°2 : Reste à l’écoute, mais attention aux biais de confirmation et aux discours des personnes qui sont totalement hors sujet.

Nous nous sommes remis en question, avons relevé des défis, avons proposé des réponses à des problématiques soumises par nos interlocuteurs, avons du choisir entre différentes solutions, impactant de façon non négligeable notre produit, voire notre vision. Exemples ?

Comment qualifier les prestataires inscrits chez vous ? Vous gagneriez à monter un réseau fermé, avec des consultants triés sur le volet.

Commencez donc par une ville, puis ouvrez vous petit à petit.

Commencez par un métier précis, pour ensuite vous ouvrir à d’autres types de compétences.

Note : pour le coup, nous avons fait exactement le contraire de ce qu’on nous a conseillé de faire…


Dans le même registre, nous avons rencontré un nombre certain d’opportunités, avons vu s’ouvrir des portes que nous n’avions pas envisagé et se fermer d’autres sur lesquelles nous comptions mais qui en définitives ne nous correspondaient pas totalement.

Leçon n°3 : Garde le cap, ou plus communément Stay Focus. Une opportunité cela se créé ou se prend au vol. Dans tous les cas, à chaque décision, demande toi si ce que tu es en train de faire correspond réellement à votre stratégie et votre vision.

Nous avons travaillé sans compter nos heures, passé des nuits entières sur des pages de code, avons pris un plaisir énorme à créer Avdice.

Il y a un moment où l’entrepreneur vit à travers son projet. Il peut se réveiller au beau milieu de la nuit parce qu’il vient d’avoir une idée, une piste, une solution. Imaginez un simple mail ayant le pouvoir de vous anéantir une nuit, simplement parce que son contenu vous travaille. Oui, oui, il y a un moment où l’entrepreneur vit à travers son projet.

Leçon n°4 : Si tu souhaites être aux 35h, être disponible pour tes amis, ta famille, n’entreprend pas (et n’oublie jamais un morceau de papier et un stylo pas loin de ton lit).

Entreprendre c’est en partie s’entourer de compétences complémentaires aux notres, des personnes expérimentées et forces de proposition tant qu’à faire. Même à trois fondateurs, couvrant les fonctions les plus importantes de notre affaire, il y a des choses que nous ne savons faire et ne pas le reconnaître serait une grosse erreur !

En parlant de ça, entreprendre c’est aussi faire des erreurs. Beaucoup d’erreurs.

Par conséquent, qu’est-ce qu’il te reste à faire ?

Leçon n°5 : Apprends et entoure toi bien, vraiment bien…

May 6

Trouver le technique de l’equipe

Je sais que de nombreuses portes ont été ouvertes, que le débat a été maintes fois mené. J’aimerais simplement partager avec vous la façon dont j’ai réussi à recruter la Rockstar qui nous manquait, notre CTO.

Il est pour moi inconcevable d’entreprendre sans être maître de mon produit. Imaginez monter une boulangerie sans savoir faire de pain. Vous pouvez certes monter un réseau de distribution de produits qu’on peut trouver en boulangerie, mais si du jour au lendemain vous perdez vos (voire pire, votre) fournisseur(s), c’en est fini.

Nous sommes au tout début de l’aventure. Je cherche désespérément à m’entourer de cette troisième personne qui va rendre le projet indépendant. J’ai quelques notions de développement, mais rien qui puisse véritablement faire l’affaire : je suis un Biz en semaine, un Dev du dimanche.

Il me faut donc dans un premier temps savoir quel profil chercher. Je rencontre un chef de projet qui m’aiguille dans ma recherche et me voici rendu avec des mots tels que Ruby on Rails, PHP, framework à la bouche (nous n’avions pas encore fait notre choix concernant le langage même s’il s’est vite imposé par la suite).

Durant les mois suivants, j’ai rencontré par différents intermédiaires quelques développeurs intrigués par le projet avec qui nous élaborons un premier jet de cahier des charges, l’objectif étant d’arriver à chiffrer le projet (temps de développement, ressources nécessaires). Je commence donc à avoir une idée bien précise de notre future application, mais toujours personne pour prendre la main.

C’est à ce moment que je parle de mes difficultés à Romain que j’avais rencontré quelques mois plus tôt à un Apéro Entrepreneur (que je vous conseille vraiment). Il avait son projet, comprenait le mien, comprenait l’obstacle que je rencontrais et me proposa donc un coup de main. En quelques après-midi, il se proposait de m’aider à développer moi même la première version d’Avdice.

Nous sommes en juin, je découvre donc mon nouveau meilleur ami, Ruby On Rails. Suite à ces quelques heures passées avec Romain, je passe l’été à coder notre MVP. Je passais mes matinées à divers travaux saisonniers, mes après-midi et nuits devant ces lignes de code qui commençaient véritablement à me fasciner. J’ai adoré cet été.

En septembre, de retour sur Paris, je montre ma première version à Romain. Je lui explique les fondements du projet, notre vocation, notre état d’esprit. Il vous faut savoir qu’à ce moment, Romain avait rencontré des acteurs du marché sur lequel il aurait dû oeuvrer et que ces derniers lui avaient expliqué que c’était trop tôt. Il a donc jugé opportun de mettre entre parenthèses son projet tout en rejoignant notre cause.

Aujourd’hui Romain est associé à parts entières et consacre toute son énergie au développement technique d’Avdice.

Moralité de l’histoire : avant de vouloir lancer une boulangerie révolutionnaire, même si vous voyez globalement comment se fait le pain, essayez donc d’en faire un vous même. La question n’est pas de savoir si oui ou non nous allons pouvoir embaucher un développeur. Il s’agit là d’une problématique technique dont on peut facilement s’arranger. La véritable question est d’arriver à intéresser la bonne personne.